La laïcité française est en crise non seulement dans l’école de la République qui constitue son sanctuaire traditionnel, mais aussi dans l’esprit de ses partisans comme dans la politique de ses gouvernants.
Conçue à l’origine comme une philosophie d’Etat pour combattre l’influence du catholicisme dans la vie nationale, la laïcité a su évoluer par la suite en un "modus vivendi" dans lequel une certaine liberté religieuse a su trouver sa place. L’Eglise elle-même avait fini par s’y acclimater.
Mais l’essoufflement des idéologies et les bouleversements de la société française contemporaine ont fait se lever de nouveaux défis pour cette doctrine du siècle passé confrontée à une modernité où le religieux tend de plus en plus à revendiquer ses droits.
Tel est le cas notamment pour l’éthique, le droit, la politique, la culture ou l’enseignement, autant de domaines examinés dans cet ouvrage en vue de dresser aussi bien le bilan des cent dernières années que l’inventaire des difficultés nouvelles. Selon les auteurs, une démocratie moderne ne peut se passer de repères éthiques et la Séparation de l’Eglise et de l’Etat telle que nous l’avons vécue en France depuis bientôt un siècle s’harmonise peu avec les divers types de relations conviviales actuellement en vigueur dans les autres pays d’Europe.
La laïcité est-elle susceptible d’adaptation en fonction des évolutions sociologiques ou demeurera-t-elle figée dans son propre dogmatisme au risque de ne plus correspondre aux réalités humaines de ce temps ?
Il reste à savoir, en outre, si un terrain d’entente pourra être dégagé entre l’Etat laïque et les religions d’importation récente. Et si le traitement qui leu sera réservé saura sauvegarder en même temps le respect des traditions juridiques, politiques et religieuses de la France.