Comme avec toute doctrine politique, l’Eglise a connu, dès les origines, une relation tourmentée avec la démocratie puisqu’il s’agit de l’équilibre, par nature précaire, entre le spirituel et le temporel. En tant que forme de gouvernement des peuples, ce régime n’est, en effet, qu’une invention humaine, donc toujours à parfaire et à soumettre régulièrement à évaluation.
C’est ce que propose cet ouvrage pour mettre en valeur les sources catholiques de la pensée et de la procédure démocratique, l’évolution de la notion de démocratie chrétienne en Europe et le rapport toujours conflictuel de l’Eglise à la modernité démocratique.
De la condamnation des débuts à l’appréciation d’aujourd’hui, le Magistère catholique a dû adapter son jugement aux variations multiples du modèle démocratique. En passant de la rivalité à la coexistence, l’Eglise en est venue à se comporter paradoxalement en gardant les fondements de la démocratie au nom des droits naturels de la personne humaine.
Alors que l’Etat se veut de plus en plus la source unique des droits et que la démocratie ambitionne de devenir la norme absolue de toute vie sociale, l’Eglise ne cesse de rappeler la nécessité de principes immuables. Car il n’y pas de liberté sans vérité ni de démocratie sans éthique.