On a beaucoup parlé, ces derniers temps, de "repentance" mais peu de repentir. La première semble désormais réservée à des initiatives collectives de relecture plus ou moins justifiée de l’histoire, tandis que le second s’applique à une contrition individuelle de fautes personnelles.
A l’origine de la faute et de la peine, il y a toujours un jugement moral qui demeure sous-jacent au jugement judiciaire. C’est pourquoi, à une époque où ces notions ont perdu une partie de leurs fondements moraux pour se diluer dans un sociologisme relativiste ou se figer dans un juridisme positiviste, il est devenu nécessaire de rappeler leur signification, leurs implications et leur finalité, à la lumière conjuguée de la théologie et du droit canonique comme l’histoire et des sciences pénales.
Mais il convient aussi de dépasser le binôme faute-peine pour l’ouvrir sur le pardon qui n’est pas un déni de justice mais une justice sans rancune en vue d’une convivialité restaurée.
Parce qu’il ne faut jamais désespérer de l’homme, la société doit savoir ménager une place à la vérité entre le besoin de pardon et le devoir de mémoire.